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Extrait du Temps des Nuages

Pourquoi a-t-on un rêve ?

— Qu’est-ce ? demande l’humain.

— Ton rêve, répond doucement la voix.

L’homme s’en approche.

— Puis-je le toucher ?

— Il te faut même l’emporter, puisque tu dois le faire naître à la Terre.

Un espace s’ouvre à l’emplacement exact où se trouvait le rêve.

— Une fenêtre ici ?

— Oui.

L’homme se penche et découvre une constellation d’étoiles.

— Je suis dans mon cœur et il y a une fenêtre qui donne dans le vide ?

— Tu appelles cela le vide ?

Il se penche davantage, perd l’équilibre, chute et atterrit de l’autre côté de la fenêtre, sur sa propre étoile. Ses yeux s’emplissent de larmes :

— Toutes ces étoiles respirent ?

— Cela t’étonne ?

— Je n’ai jamais vu plus beau paysage.

— Vraiment ? Il s’agit pourtant de celui que tu contemples chaque nuit, lorsque tes yeux sont tournés vers le ciel.

— Non, ici, les étoiles sont vivantes.

— De l’autre côté aussi. Comment pourrait-il en être autrement ? Comment pourraient-elles vivre ici et mourir là-bas ? Ce sont les mêmes. Tu as juste changé ta façon de regarder.

— Je ne comprends pas.

— L’Univers n’a jamais été séparé de toi ; cet Univers dont tu t’es toujours cru exclu se situe à l’intérieur même de ton cœur. La seule différence est que, pour la première fois, tu le contemples avec ton cœur, justement. C’est pour cette raison que tu peux voir. Voir vraiment. Voir le plus important.

— Mais alors, toutes les autres étoiles seraient…

— D’autres cœurs.

— Petits Soleils.

— Oui.

— Nous sommes nombreux à avoir oublié notre Soleil.

— Je le sais.

— Comment le sais-tu ?

— Vos flammes sont si petites que nous ne les voyons presque plus dans le ciel. Certaines étoiles se sont même éteintes.

— Nous faisons tout de travers.

— C’est pour cela qu’un rêve est né en chacun de vous. Ce rêve vous appelle jusqu’à ce qu’enfin, vous l’entendiez et alliez le chercher. Il vous appelle pour que vous retourniez vers votre cœur. En emportant ton rêve pour le ramener à la Terre, tu viens d’ouvrir la fenêtre qui permet à ta lumière de briller à nouveau pleinement dans le firmament. L’Univers a besoin de chacune de ses étoiles, le savais-tu ?…

Et si le temps n’existait pas ?

Article parut dans le magazine « l’Essentiel »

Par Graziella Corvini – Décembre 2019

Le temps n’est-il pas juste une convention ? Une unité de mesure permettant de nous organiser ? N’est-il pas une simple règle d’un jeu auquel nous aurions tous souscrit ? Il marque nos traits, nos corps ; nous naissons, grandissons, vieillissons, mourons.

Telles sont les expériences nous ayant conduits à croire en l’existence du temps. Mais après la mort, que se passe-t-il ?

Une part de l’humanité soutient qu’il n’y a plus rien, le vide, le néant. Pour celle-ci, envisager l’irréalité du temps est tout bonnement impossible puisqu’il y a un début et une fin à l’existence. Une autre part de l’humanité en revanche, affirme que notre âme se rend dans un monde parallèle (paradis/enfer) ou bien qu’elle quitte notre corps, puis qu’elle se réincarne un certain nombre de fois avant de poursuivre sa vie sur des plans plus subtils.

Serions-nous donc alors voués à une « vie éternelle » ?

Dans ce cas, comment concevoir un temps dans un contexte qui stipule que notre conscience ne s’éteint jamais ? Comment concevoir un début, un milieu et une fin à ce qui ne peut mourir ? Nous voilà plongés dans un beau paradoxe ! L’un de ces paradoxes si propres à notre condition humaine. Est-il pour autant juste de s’en accommoder sans se poser davantage de questions ?

Dans quel Temps vivons-nous ?

Demandons-nous à présent et de façon très pragmatique quel autre temps nous expérimentons en dehors de celui que nous vivons en cet instant ? Si nous sommes sincères, nous voilà bien obligés de répondre « aucun ». Nous pouvons retourner l’idée dans tous les sens, nous finirons par constater que nous sommes bel et bien enlisés dans le seul instant présent, toujours et encore ! Il est cependant difficile d’en prendre conscience puisque nous nous projetons constamment, mentalement, hors de ce présent ; soit vers l’avant, soit vers l’arrière. Vers l’avant où nous nous mettons en état de manque de ce qui n’est pas (encore), et vers l’arrière à ressasser un présent qui n’est plus. Ce faisant, nous perdons tous nos pouvoirs. Bien sûr, notre mental peut rappeler ce que l’on nomme un souvenir à notre mémoire, mais qu’est-ce qu’un souvenir sinon une reconstruction d’un évènement ayant été vécu, une fois dans notre présent ? Peut-être objecterez-vous : « Pourtant, ce qui s’est passé il y a une année m’a changé, m’a rendu plus fort ». Oui, sans aucun doute. Il n’en reste pas moins que vous vous dites cela aujourd’hui, en cet instant précis. En effet, toute expérience dans un présent transforme le Présent. Nous voilà donc rendus à cet étonnant constat : l’être est comme « prisonnier » de l’instant présent pour l’éternité ! Cet instant présent est le seul lieu où il nous est possible d’agir, le seul lieu que nous n’habiterons jamais ! En prendre profondément acte, puis vivre cet état de fait avec toute notre attention et en conscience pourrait bien être le secret d’un chemin nous conduisant, ni plus ni moins, à notre véritable liberté. Les maîtres de sagesse ne nous l’ont-ils pas enseigné ?

Ce chemin, quel est-il ?

Un Chemin hors du temps

Ce chemin s’inscrit en chacun de nous. Sa porte se trouve au seuil de notre cœur. Il ne tient qu’à nous de l’ouvrir. C’est là, sur ce chemin tout intérieur que se lovent les plus beaux trésors ainsi que notre plein potentiel de création de notre réalité. C’est là aussi que nous pouvons véritablement nous affranchir de cette convention collective qui parle de l’existence d’un temps partant d’un point A pour aller vers un point B. Certains objecteront, et à juste titre, que le principe de réincarnation pourrait remettre toute la démonstration en cause. À « juste titre » pour autant que l’on considère le phénomène dans une progression chronologique linéaire : nous venons nous parfaire de vie en vie. Mais si cet angle de vue était erroné ?

Lorsqu’on interroge les personnes ayant revisité une vie antérieure, nous serons en effet surpris d’apprendre qu’elles affirment avoir revécu l’évènement en question dans un ressenti totalement présent. L’écrivain Daniel Meurois apporte un éclairage à ce sujet. Selon lui, nos vies se dérouleraient, non pas les unes à la suite des autres – comme cela est couramment admis – mais en même temps, en ce moment.

En tant qu’être multidimensionnel, seule notre attention se déplacerait de l’une à l’autre, un peu comme si chacune de ces vies représentait le rayon d’une roue et que nous nous tenions en son centre. En d’autres termes, notre attention se déplace d’un présent à un autre présent. Alors qu’est-ce que ce temps avec lequel l’humanité se débat ?

Ne serait-il pas intéressant de l’envisager comme une simple règle d’un jeu consenti par tous ? Un simple jeu à l’instar de ceux auxquels s’adonnent les enfants ?

La question devient alors : pourquoi l’enfant sait- il qu’il joue et pourquoi l’adulte l’oublie-t-il ?

Le temps de l’éveil

Certes, la prise d’altitude qui nous est demandée afin d’appréhender ces notions appelle à ce que nous laissions notre mental analytique de côté. En effet, lui ne peut faire autrement que nous resservir continuellement les mêmes plats. Par son entremise, impossible de nous réveiller de cet étrange rêve collectif afin de redevenir ce que nous sommes vraiment : des créateurs au sens plein du terme au même titre que le divin dont il nous a été dit que nous étions une émanation.

Acceptons que ce temps ne soit qu’une règle d’un jeu et acceptons que nous puissions la modifier comme n’importe quelle autre règle. La vie ne s’allégerait-elle pas tout en devenant plus intense, plus joyeuse, mais aussi plus profonde ? Ne découvririons-nous pas enfin que tout est connecté à tout ? Ne pourrions-nous pas, en un instant, répondre à ce que le Maître Jeshua a exprimé en ces termes : « ce que je peux faire, vous le ferez aussi… » ?

Peut-être est-ce l’heure ?

Le roman «Le Temps des Nuages » invite à un plongeon au cœur de soi.

Préface du Temps des Nuages

par Daniel Meurois

Lorsque j’ai découvert les premières lignes du manuscrit du « Temps des Nuages » que venait de me remettre Graziella Corvini, j’ai rapidement compris là où celui-ci cherchait à nous emmener… au cœur d’un univers dans lequel le mot ¨limite¨ n’a absolument pas sa place.

La suite du texte n’a d’ailleurs fait que me le confirmer, avec un certain délice je dois dire, en m’invitant à voyager – ou plutôt à me laisser aller – page après page, d’un déconcertant Espace-Temps à un autre puis d’une surprenante Constellation à une autre.

Récit de science-fiction, alors ? Non, en aucun cas car on s’éloigne ici de tous les thèmes classiques et de tous les clichés propres à ce type de littérature.

Dans tout ce qui nous y est conté, rien n’est conventionnel, gratuit, fantaisiste, ni destiné à créer quelque artifice afin de susciter l’intérêt du lecteur. On ne cherche pas à y raconter une histoire pour le simple plaisir de raconter une histoire.

Tout y est pensé et agencé afin de nous faire pérégriner dans une sorte de lumineux labyrinthe où chaque élément, chaque personnage est à la fois immatériel et matériel et où tout se plaît à jongler avec une étonnante intemporalité où se rencontrent traits d’humour et paroles de sagesse.

Comment dès lors définir et présenter Le temps des nuages ?

Comme un récit initiatique dont la première des intentions est sans aucun doute de nous dilater la conscience à l’extrême… La plus noble des intentions à vrai dire car, assurément, c’est dans le divin Projet de la dilatation des consciences que se travaille la lente floraison de notre humanité.

En pulvérisant toutes les barrières du Temps, de l’Espace et des myriades d’apparences qu’emprunte la vie pour manifester la Vie, Graziella Corvini nous amène ainsi à faire l’effort d’abandonner nos repères pour nous envoler à tire d’aile jusqu’au plus profond de nous-même, dans ce sanctum où tout est possible, où les traces du passé, du présent et du futur demandent à fusionner et, inévitablement aussi, là où le cœur aspire à régner en tant que suprême Enseignant.

Certes, il ne faut pas avoir peur de se lancer dans le vide pour entrer dans l’étonnante ¨proposition cardiaque¨ du Temps des nuages… Il faut être ouvert à de nouveaux paradigmes et avant tout à l’idée que les êtres que nous sommes ne représentent probablement que les ébauches de ceux que nous sommes appelés à devenir… si tant est que le Temps tel que nous le percevons ne soit pas qu’une énorme supercherie mais le moteur de Ce qui, ultimement, nous fera grandir en nous permettant de comprendre que notre cosmos intérieur et celui dans lequel nous baignons ne constituent en fait qu’une seule et même réalité en constante expansion.

Par son appel à ce que nous acceptions de nous laisser ¨pousser des ailes¨, ce récit – dans lequel on sent bien que l’auteur a livré toute son âme – se révèle être un grand semeur d’espoir.

À travers la touchante candeur des ses héros, les ¨Pupins¨, il nous appelle clairement à un vrai voyage spirituel au sens pur du terme, c’est-à-dire à une quête qui nous murmure que, derrière les galaxies de l’Illusion, notre Essence première nous attend.

Comment, enfin, ne pas être touché par ce court échange entre deux des protagonistes du « Temps des nuages » :

– « Mille paire d’ailes, le Temps existe, alors ! »

– « Mais non, puisque nous ne mourons pas ! »

Daniel Meurois

Écrivain

Fausse note

Il y a ceux qui pensent que les vaccins et les puces nous mettront à l’abri ; ils se rient des autres en les traitant de « complotistes ». Il y a ceux qui pointent les premiers du doigt en criant : « réveillez-vous ! » ; ils brandissent l’étendard d’une certaine avancée spirituelle. Il y a ceux qui veulent vendre vaccins et puces; ils déplacent froidement leurs pions. Il y a ceux qui ne savent pas quel camp choisir, persuadés qu’il faille en choisir un, et au plus vite ! Mais en chacun de ces camps se jouent plusieurs fausses notes. Et je regarde depuis un espace de silence quelque part, à l’intérieur. Un silence plein d’un Soleil venu d’autres royaumes.

Nostalgie ? Non pas, car ce royaume est ici, maintenant, juste dans ce silence sous tout ce bruit. Il est en chacun. Et je regarde les larmes d’une humanité cherchant son chemin, croyant qu’il doive passer par un camp ou un autre ; oubliant le message déposé en nos cœurs il y a deux fois mille ans. Pourquoi laisser un tel trésor à la frange de nos vies ? Pourquoi se tendre jusqu’à rompre avec Sois-mêmes simplement pour faire entendre une voix qui n’est plus nôtre ?

Et je prie. Je prie pour que ces temps troublés nous permettent de revenir en nos demeures, là où se trouve notre boussole intérieure, au creux du silence. Cette boussole nous indiquera toujours l’action juste à poser au moment juste. Quel que soit le vacarme ayant cours aux autres étages. Elle est connectée aux étoiles. Les étoiles ne brillent-elles pas de leur plus bel éclat lorsqu’elles regardent le Soleil ? N’est-ce pas là que nos blessures, origines de nos guerres, s’apaisent, se réparent ? N’est-ce pas dans cet espace qui nous relie à l’Un que tout devrait se jouer en vérité ?

Alors, pourquoi nous projeter sur les scènes extérieures ?

Oui, il faut informer, faire tomber les masques. Mais ensuite, n’oublions pas de rentrer à la maison pour regarder si nous avons joué juste, si nos mots ont été en accord avec les étoiles et le Soleil qui nous habitent. Bien souvent, il nous sera alors possible de percevoir quelques fausses notes. Mais la partition peut être reprise. Si ce n’est pas aujourd’hui, ce sera demain. Un jour viendra, inexorablement, et dans pas si longtemps, où nous serons bien obligés de regarder. Et peut-être alors, pleurerons-nous de ne pas l’avoir fait plus tôt.

Graziella Corvini (18 juillet 2020).